Labellisation
Décryptage
Après des mois de discussions, le décret « Diffusion » va donc enfin produire ses effets au 1er janvier 2027, tout en mettant fin au système de subventions des Tournées Arts et Vie.
Cet article ne va donc développer ni le Décret, ni ses arrêtés d’application puisqu’on ne les connaît pas encore avec certitude. Ce sera pour plus tard.
Par contre, les séances de labellisation auront débuté à l’heure où vous lirez ces lignes. Ce sera en octobre et en décembre pour les groupes vocaux, en novembre pour les groupes instrumentaux.
Rien de réellement révolutionnaire
Il ne s’agit pas d’une révolution, car le nouveau système est très semblable au précédent. Cela consistera en une audition de courte durée devant un jury afin d’obtenir un label permettant de figurer dans un catalogue de productions amateures.
Ce sont les fédérations À Cœur Joie (ACJ) et Unissons qui sont chargées d’organiser les épreuves pour les groupes vocaux d’une part, les groupes instrumentaux d’autre part.
Les jurys de professionnels seront constitués par ces fédérations. Pour chaque groupe entendu, le jury va devoir décerner une mention favorable ou défavorable et produire une note explicative circonstanciée visant à proposer des conseils aux groupes concernés. Il s’agit donc bien d’une évaluation qualitative. Mais sur quels critères les jurys vont-ils se baser ? Les textes légaux n’étant pas publiés, il nous faut chercher ailleurs.
Des critères d’évaluation valides…
ACJ a fait parvenir un document le 20 juillet intitulé « Critères de labellisation ».
Voici ce qu’il en est :
« Chaque groupe présentera une prestation de 30 minutes (installation comprise) avec les œuvres de son choix.
Cette audition permettra au jury d’évaluer :
- La qualité technique musicale, justesse, équilibre, respect du style musical, panel sonore de l’ensemble,…
- Les démarches artistiques et créatives (caractère novateur, originalité, création, mise en scène, …)
- La capacité à capter l’attention du public (émotion, médiation, apport d’éléments scénographiques, costumes, …). »
Lorsqu’on se réfère à la littérature sur l’évaluation en musique, on se rend très vite compte qu’une évaluation de ce type peut être difficilement définie en critères précis et mesurables. On peut penser que la présence de membres du jury professionnels est une garantie de sérieux, chaque membre pouvant s’appuyer sur son vécu et son expérience. Il ne fait aucun doute que ces personnes disposent de critères précis, mais difficiles à exprimer.
D’après la littérature, les domaines à examiner sont liés à la précision technique, l’expression musicale, l’interprétation stylistique, l’engagement scénique et la cohérence de l’ensemble.
Au regard du document reçu, on peut dire que les différents domaines sont bien présents et que, à ce point de vue, l’évaluation est valide.
… mais des conditions de représentation à améliorer
Malgré tout, les conditions très artificielles dans lesquelles se dérouleront les épreuves ne permettront probablement pas aux groupes de révéler diverses facettes des compétences évaluées, et c’est un peu ennuyeux.
Ceux qui se sont présentés le 04 octobre à Namur ont essuyé les plâtres. En attente des résultats, on peut espérer que le contenu des notes qui doivent être envoyées pourront nous éclairer sur des aspects précis et concrets. Il serait intéressant que la F.M.L puisse avoir connaissance du contenu des notes et constitue ainsi, au fil du temps, une série d’indicateurs pouvant orienter un travail préparatoire.
D’un autre côté, la F.M.L s’engage à entamer un dialogue avec ACJ et Unissons pour clarifier ces critères au maximum le plus tôt possible.
Du côté d’Unissons et des groupes instrumentaux, aucun critère n’a encore été communiqué.
Nous aurons certainement le temps de revenir sur le sujet dans les prochains mois.
N’hésitez pas à poser vos questions et envoyer vos remarques à fml@fml.be.